Le Petit Brochant

Quatre films,
huit montages de plats

Les deux premières salves étaient montées sur la salle, le comptoir et la devanture. Les dix-huit photographies de plats du shooting n'avaient jamais servi. Celle-ci ne vit que de ça : on voit ce qu'il y a dans l'assiette, on lit son nom et on lit son prix.

Les films

Entre huit et onze secondes. Même moteur que la salve précédente : chaque image est calculée depuis une fonction du temps, donc le rendu est reproductible à l'identique. Une règle tenue d'un bout à l'autre, et c'est elle qui manquait aux six premiers : aucun plan ne se fige. Une photo qui s'arrête de bouger est une photo qu'on arrête de regarder.

La carte en quatre temps 1080 × 1350

Le sommaire se remplit ligne à ligne : l'assiette entre par la droite, le numéro s'allume, le nom monte dans sa boîte, le prix tombe après lui. Les quatre vignettes continuent de pousser pendant tout le film — un index immobile serait un tableau, pas une publicité.

Quatre assiettes, quatre prix, en dix secondes.

Poireaux vinaigrette, mimosa et œufs de truite 16 €. Caille désossée en crapaudine 33 €. Baba au rhum maison 12 €. Mousse au chocolat pralinée 14 €.

Formule 29 € le midi, menu 34 €. 21 rue Brochant, Paris 17ᵉ, métro Brochant ligne 13.

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À la cuillère 1080 × 1920

Quatre gestes sur le même dessert, coupés net. Pas un fondu : le fondu lisse le geste, la coupe le fait exister. Le panneau du prix ne monte qu'au dernier plan, et il chasse le dernier mot hors du cadre au lieu de se poser dessus.

La mousse au chocolat pralinée arrive dans son plat de cuivre, et on vous en sert à la cuillère.

14 €, servie de 8h à minuit du lundi au samedi, le dimanche jusqu'à 17h.

21 rue Brochant, Paris 17ᵉ. Métro Brochant, ligne 13.

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On le flambe devant vous 1080 × 1920

Deux plans. Le baba posé, puis le rhum qui s'enflamme. Le texte s'installe dans la boiserie sombre du haut de l'image : la flamme n'est jamais recouverte, c'est elle qu'on est venu voir. Le second plan recule au lieu d'avancer, pour que le feu grandisse tout seul.

Le baba au rhum est fait maison et flambé en salle, à la part.

12 € la part. Service continu de 8h à minuit, du lundi au samedi.

21 rue Brochant, Paris 17ᵉ. Métro Brochant, ligne 13.

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Douze assiettes 1080 × 1350

La planche se construit case par case, douze fois, puis une seule assiette grandit jusqu'à remplir l'écran pendant que les onze autres s'effacent. C'est le montage de plats pris à la lettre : on montre tout, et on finit par en choisir une.

Douze assiettes et une ardoise écrite à la craie tous les matins.

La carte change avec l'arrivage. Caille désossée en crapaudine, macadamia et herbes fraîches, 33 €.

21 rue Brochant, Paris 17ᵉ. Carte de 40 à 86 €, formule 29 € le midi.

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Les statiques

Six au format 4:5 pour le fil, deux en 9:16 pour les stories. Huit gestes d'ouverture différents — le script refuse de produire la série si deux créas commencent pareil.

La carte en quatre temps
La carte en quatre temps 4:5
Le sommaire à vignettes : une ligne par plat, son numéro en or, sa photo, son prix. La version fixe du premier film.
L'assiette
L'assiette 4:5
La photo occupe toute la créa, le texte se réduit à deux mentions. L'appétit vient de l'échelle, pas du nombre d'arguments.
Tout finit à la cuillère
Tout finit à la cuillère 4:5
Six vignettes légendées d'un mot chacune. Le même dessert vu six fois, c'est plus vendeur que six desserts vus une fois.
La colonne
La colonne 9:16
Story. Quatre assiettes en médaillon qui descendent en alternance, le prix de chacune en face. La première déborde du bord haut.
MOUSSE
MOUSSE 4:5
Le mot à l'échelle de l'affiche, et l'assiette qui passe devant deux lettres puis derrière les trois suivantes. Un vrai tissage, pas un calque.
Le repas entier
Le repas entier 4:5
Trois bandes photo, trois chapitres numérotés, trois fonds différents. L'entrée, le plat, le dessert, avec leurs trois prix.
Quatre gestes
Quatre gestes 4:5
La grille pleine, sans marge et sans gouttière, dès le premier pixel. Quatre temps d'un seul dessert.
Le feu
Le feu 9:16
Story. Le texte est posé dans la boiserie sombre du haut, la flamme reste entière. On ne recouvre pas ce qu'on vient vendre.

Ce qu'on a pris sur Pinterest

Cinq structures relevées avant d'ouvrir le moindre fichier. On y prend la mise en page, jamais la matière : les photos, la fonte et l'ornement restent ceux de la maison.

Le sommaire à vignettesRelevé sur une maquette de livre de cuisine en bordeaux et or — la même palette que la maison, par coïncidence. Une ligne par recette : son numéro en or, son titre, sa photo carrée à droite, son numéro de page à l'extrême droite. C'est le montage de plats le plus lisible qui existe, et il devient un film sans rien changer. Il porte m1 et g1.
L'assiette seule, à l'échelle de la pageRelevé sur les affiches d'un restaurant argentin : la photo du plat occupe tout, le nom de la maison est minuscule en haut à droite, celui du plat en bas à gauche. Zéro argument. C'est le contraire de ce qu'on fait d'habitude, et c'est ce qui donne faim. Il porte m2.
La colonne d'assiettesRelevé sur une image où quatre bras tendent quatre assiettes en diagonale devant un rideau rouge. On lit de haut en bas, une assiette après l'autre. Il porte m4, et il explique pourquoi la story descend au lieu de se centrer.
Le mot traversé par le platRelevé sur une double page de magazine où une assiette passe devant une lettre et derrière la suivante. Le détail qui compte : c'est un tissage, pas une superposition. Il porte m5.
Le rythme des fondsDéjà relevé sur les fromageries, confirmé ici : aucune des bonnes références ne se déroule sur une seule valeur. Bordeaux plein, puis crème, puis photo pleine page, et on recommence. La série alterne donc à chaque créa, et c'est ce qui la fait paraître chère.

Les dix-huit photographies de plats

Toute la série sort de cette planche. Les photos ont une grammaire commune très forte — l'assiette blanche à filet rouge au mot-marque, la vue du dessus, et surtout une série de gestes : la cuillère dans la mousse, le filet d'huile, le rhum qui s'enflamme. C'est le geste qui donne faim, pas l'assiette posée.

Les dix-huit photographies de plats

Ce qu'on nomme, et ce qu'on ne nomme pas

Les noms et les prix sont relevés dans la carte du site. Mais rattacher une photo à une ligne de carte, c'est une lecture, et une lecture peut se tromper. Voici où nous en sommes, dans l'ordre de certitude décroissante.

Sûrs
Mousse au chocolat pralinée 14 € · Baba au rhum maison 12 € · Tartelette avocat, crevette marinée et grenade 16 € · Poireaux vinaigrette, mimosa et œufs de truite 16 €
Les éléments nommés sur la carte sont tous visibles sur la photo : le plat de cuivre et la cuillère, le moule à baba et le rhum, l'avocat et la grenade, le poireau avec son mimosa et ses œufs de truite.
Très probables, à confirmer
Caille désossée en crapaudine 33 € · Île flottante, caramel beurre salé 13 € · Maigre de ligne maturé, beurre blanc miso 27 €
La pièce est petite et aplatie comme une crapaudine, le blanc en neige est en terrine avec son pot de caramel, le poisson est sur un beurre blanc pâle. Trois lectures très probables, mais un nom de plat faux sur une publicité, c'est le restaurant qui le paie : à faire dire par la cuisine avant diffusion. Ces trois plats apparaissent sur m2, m4, m6, g1 et g4.
Non identifiés, employés sans être nommés
Quatre photos sur dix-huit
Une andouillette sur assiette ancienne, un ballotin vert aux œufs de truite, une main qui sert, un jus qu'on verse. Elles servent de texture dans la planche de g4 et dans m3, et aucune ne porte de nom ni de prix.

Les salves précédentes

Elles restent en ligne, inchangées.